7 février 2012
Marre du made in China!

Vivre pendant un an sans consommer de produits fabriqués en Chine. Une tendance qui fait mouche auprès de consommateurs soucieux d’écologie et d’éthique. L’occasion de réfléchir sur sa façon de consommer. Mais l’enjeu aujourd’hui est l’accès à l’information avec des fournisseurs qui brouillent les pistes.

C’est le défi que s’est lancé une famille de la Chaux-de-Fonds. Depuis le début de l’année, Amandine Berger et les siens ont effacé de leur consommation tous les produit, aliments, appareils électroniques qui ont été fabriqués dans l’Empire du Milieu. Et cette mère de famille n’en est pas à son premier challenge. L’an passé, elle tentait une autre expérience. Vivre un an sans acheter de nouveaux vêtements.

228 Amandine Berger fait ses courses.Pour cette jeune blogueuse de 30 ans, la Chine est un emblème...un exemple pour s’interroger sur sa façon de consommer et se replacer au cœur de la mondialisation. Une épreuve qu’elle partage sur un blog. L’occasion d'y exposer ses difficultés et ses humeurs. Nous l’avons suivie durant une journée de shopping. Des courses qui très vite se transforment en véritable parcours du combattant. Première surprise, l’univers de l’édition avec bons nombres d’ouvrages imprimés en Chine. « Je ne pensais pas que dans l’édition et les livres pour enfants c’était aussi courant » s’étonne-t-elle.

sur la toile les conseils en tout genre sur la question se multiplient. Un mouvement venu des Etats-Unis. Un défi déjà expérimenté par Sara Bongiorni une journaliste américaine. Dans un recueil publié en 2007, cette économiste de formation a tenté d’analyser dans quelle mesure notre vie quotidienne dépendait d’articles « Made in China ». Et ses conclusions sont plutôt pessimistes: « Renoncer définitivement aux produits chinois ne semble pas applicable étant donné que cela signifierait que nous ne pourrions jamais acheter de téléphone portable, de pistolet à eau ou voir même de télévision. » déclare-t-elle. Sans compter le coût financier qu’implique une telle démarche.  Un mode de consommation selon cette enquêtrice « tout particulièrement difficile à appliquer pour les familles à bas et moyens revenus ».

Au-delà du coût, s’ajoute la question de l’accès à l’information. La Chine est aujourd’hui omniprésente dans la chaine de production mondiale. De plus en plus de fabricants délocalisent leurs productions mais évitent de le signaler. Car les labels européens restent un argument de marketing. La traçabilité est un enjeu devenu mondial relève Mathieu Fleury, secrétaire général de la Fédération romande des consommateurs. « De nombreuses entreprises continuent de mettre en avant une marque que les consommateurs associent à tord à un pays alors que cette marque a été rachetée ou a délocalisé sa production. » Aujourd’hui avec le boom de la sous-traitance, les fournisseurs brouillent les pistes. Pour Mathieu Fleury, il y a urgence. « Une marque se doit de pouvoir garantir aux consommateurs les conditions de fabrication sur l’entier de sa chaine de production. » 

La FRC milite pour la création d’un bureau de répressions des fraudes afin de pouvoir dénoncer les abus au niveau des étiquettes. Celle-ci travaille aussi sur des projets de sites internet permettant de dénoncer les abus en termes de provenance. Chaque année, la Suisse importe de Chine des marchandises pour un montant de quelques six milliards. Alors contourner l’usine du monde…un défi non sans écueil. Rendez-vous avec Amandine Berger dans un an… !!!!!!

Commentaires

Portrait de J.-D. Antonietti

Bravo pour la démarche de Mme Berger, je sais qu’elle n’est pas facile. Je la pratique aussi, mais de façon moins consciencieuse certainement.
Aujourd’hui le « Made In China » est partout et difficile à contourner, mais je vois que de nombreuses consommateurs commencent à le déplorer. Je pense que cette situation n’est pas une fatalité et qu’il y aurait beaucoup de chose à faire pour la changer.
Je dois dire que je me suis souvent senti démuni par rapport au manque d’informations sur la provenance des produits. J’apprécie que la FRC soit sensible au problème de la clarté de l’étiquetage, c’est un pas dans la bonne direction.
Je soutiens moralement Mme Berger.

Portrait de dja75

je soutiens cette jeune maman ! énorme courage, marre du made in china et ces hypocrites qui nous vendent des produits soit disant français mais qui sont fabriqués en chine, nous sommes complices à la traite des et l 'esclavage des enfants en chine, et quand il tombent malades à force de réspirer des produits toxiques ils sont remplacés par d'autres sans être soignés, "NOUS CONTRIBUONS A CE MALHEUR EN CONSOMMANT MADE IN CHINA"
dja75

Portrait de Jean-Philippe Golay

Je trouve très intéressant votre démarche et je pense que l'on doit essayer de se recentrer sur l'essentiel. J'ai une petite blague marrante:
Dans un grand magasin, une petite vieille choisit le sac en plastique pour ses achats. La caissière lui reprocha de ne pas se mettre à " l'écologie " et que seuls les jeunes allaient payer pour la vieille génération qui a gaspillé toutes les ressources de la planète !
La vieille femme s'excusa et expliqua : « Je suis désolée, nous n’avions pas le mouvement écologique dans mon temps ». Elle admit qu'à son époque, on retournait les bouteilles de lait, les bouteilles de Coke et de bière au magasin. Le magasin les renvoyait à l'usine pour être lavées, stérilisées et remplies à nouveau; on utilisait les mêmes bouteilles à plusieurs reprises. Et elle ajouta :
- À cette époque, les bouteilles étaient réellement recyclées, mais on ne connaissait pas le mouvement écologique.
- En mon temps, on montait l'escalier ; on n'avait pas d'escaliers roulants dans tous les magasins ou dans les bureaux. On marchait jusqu'à l'épicerie du coin aussi. On ne prenait pas sa voiture à chaque fois qu'il fallait se déplacer de deux coins de rues. Mais, c'est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologique.
- À l'époque, on lavait les couches de bébé ; on ne connaissait pas les couches jetables. On faisait sécher les vêtements dehors sur une corde à linge ; pas dans une machine avalant 2000 watts. On utilisait l'énergie éolienne et solaire pour vraiment sécher les vêtements. Mais on ne connaissait pas le mouvement écologique.
- À l'époque, on recyclait systématiquement les vêtements qui passaient d'un frère ou d'une sœur à l'autre. C'est vrai ! on ne connaissait pas le mouvement écologique.
- À l'époque, on n'avait qu'une TV ou une radio dans la maison; pas une télé dans chaque chambre. Et la télévision avait un petit écran de la taille d'une boîte de pizza, pas un écran de la taille d'un département ! Mais, c'est vrai ! on ne connaissait pas le mouvement écologique.
- Dans la cuisine, on s'activait pour fouetter les préparations culinaires et pour préparer les repas; on ne disposait pas de tous ces gadgets électriques spécialisés pour tout préparer sans effort. Diable, c'est vrai ! on ne connaissait pas le mouvement écologique.
- Quand on emballait des éléments fragiles à envoyer par la poste, on utilisait des rembourrages comme du papier journal ou de la ouate, dans des boites ayant déjà servi, pas des bulles en mousse de polystyrène ou en plastique. Vous avez bien dit mouvement écologique ?
- À l'époque, on utilisait l'huile de coude pour tondre le gazon ; on n'avait pas de tondeuses à essence autopropulsées comme désormais, alors qu’il existe un mouvement écologique.
- À l'époque, on travaillait physiquement ; on n'avait pas besoin d'aller dans un club de gym pour courir sur des tapis roulants qui fonctionnent à l'électricité. Mais, vous avez raison: on ne connaissait pas le mouvement écologique.
- À l'époque, on buvait de l'eau à la fontaine quand on avait soif; on n'utilisait pas de tasses ou de bouteilles en plastique à jeter à chaque fois qu'on voulait prendre de l'eau. Alors qu’avec un mouvement écologique ...
- On remplissait les stylos plumes dans une bouteille d'encre au lieu d'acheter un nouveau stylo ou de nouvelles cartouches en plastique; on remplaçait les lames de rasoir au lieu de jeter le rasoir tout simplement à chaque rasage. Mais, c'est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologique.
- À l'époque, les gens prenaient le bus ou le métro et les enfants prenaient leur vélo pour se rendre à l'école au lieu d'utiliser la voiture familiale et maman comme un service de taxi de 24 heures sur 24. Bien sûr on ne connaissait pas le mouvement écologique !
- À l'époque, les enfants gardaient le même cartable durant plusieurs années, les cahiers continuaient d'une année sur l'autre, les crayons de couleurs, gommes, taille-crayons et autres accessoires duraient tant qu'ils pouvaient, pas un cartable tous les ans et des cahiers jetés fin juin, de nouveaux crayons et gommes avec un nouveau slogan à chaque rentrée. Mais, c'est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologique.
- On avait une prise de courant par pièce, pas une bande multiprises pour alimenter toute la panoplie des accessoires électriques indispensables aux jeunes d'aujourd'hui, ces mêmes jeunes qui adhèrent pour les 3/4 aux idées et mouvements écologiques.
- A mon époque, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologique, mais on vivait chaque jour de la vie dans le respect de l'environnement.
- Alors ma grande, de grâce, ne viens pas me faire ... chier avec ton mouvement écologique et ma responsabilité !...

Portrait de Deedeen

Bonjour à tous,

Oui, des composants de mon iMac sont fabriqués en Chine. Mais je l'ai acheté l'an passé, bien AVANT de prendre la décision de ne pas ACHETER de produits faits en Chine pendant un an.

Cette expérience est là pour pousser à la réflexion... Et je vois que cela fait réfléchir, donc le but est atteint.

Contrairement à ce que peut montrer le reportage, je ne trouve pour le moment pas si compliqué de ne pas consommer de Made in China. Cela demande parfois un peu plus de temps, mais le jeu en vaut la chandelle pour l'instant!

Portrait de Toto

Bonjour,

Il faut aller au fond de la démarche et se renseigner autant pour la journaliste que pour Mme Berger !!!
Je me permets de vous renvoyer sur l'article suivant.
Très Cordialement...

http://www.zdnet.fr/actualites/apple-et-travail-en-chine-des-appels-au-b...

Portrait de Lirn

oui l'imac est fabriqué en Chine....cela montre bien la difficulté de la démarche....pour ne pas dire son impossibilité...mais avoir une réflexion sur ses achats et essayer de consommer le plus possible local pour éviter les transports et limiter le chômage, je trouve ça bien. Mais complètement, c'est impossible, effectivement

Portrait de Jean-Philippe Golay

Et l'iMac il est pas fabriqué en chine?

Portrait de Lirn

je ne vois ni racisme ni propagande us dans cette démarche...juste des réflexions sur des achats locaux et responsables...et une mise en pratique difficile vu un certain manque de transparence...

Portrait de rizjaune

est-ce qu''on a dit à cette jeune dame que les composants de son imac sont fabriqués en Chine? :)

Portrait de 789

choisir des produits locaux est raciste et fait de la propagande à l'oncle Sam ???
Très drôle...

Portrait de io

Il y a une petite touche de racisme et de la propagande US. merci Amandine Berger

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